Plafond de l'étable
Sommaire
Le plan
Le plafond est en hourdis bétons, dont les poutrelles en béton armé sont portées par 3 troncs de chataîgners espacés irrégulièrement, les murs sont en granit.
Plusieurs difficultés:
- Il s’agit d’anciens entrevous, en béton grossier à gros grains, difficilement perçable sans le casser pour mettre des chevilles par exemple.
- Les murs étant en pierres irrégulières de granit, il serait difficile de poser correctement des cornières pour porter un tel poids sans remaçonner.
- Je veux mettre un isolant naturel, souvent très lourd et souvent avec une contrainte dans son choix, tout étant en rupture de stock.
L’idée est de monter des plafonds autoportants rails+cornières entre les poutres de bois (portances plus faibles) et de placer des suspentes lorsque les distances sont plus élevées et qu’une partie des cornières seraient sur des murs en granit.
L’isolant
Je voulais mettre un isolant biosourcé, qui puisse durer dans le temps (résistant à l’humidité, ne craint pas trop les rongeurs, en panneaus ou rouleaux).
L’étable, bien que semi enterrée, n’est pas particulièrement humide et n’a pas d’infiltrations (même après crue centenaire). Au départ j’envisageais des panneaux de plastique recyclé (type Isopol’R), mais voyant que l’humidité est bonne je suis parti sur un classique en fibres de bois.
Idéalement j’aurais aimé trouver des rouleaux de chanvre, plus souples et donc plus facile à poser, mais c’est assez difficile de trouver des isolants naturels qui ne soient ni en rupture de stock et qui soient assez proches (ou qui livrent en montagne).
Au final j’ai donc mis de la fibre de bois, 20cm d’épaisseur et en panneaux de 58*120.
Le calepinage
Il y avait plusieurs contraintes:
- Le poids de l’isolant (~10kg/m2) requiert des entraxes entre fourrures et distances entre suspentes très courtes (60cm entre suspente, 60cm entre fourrure).
- Les dimensions de l’isolant (122*58) ne sont pas pensées pour ces poses, ce qui demandera de nombreuses découpes (l’idéal aurait été d’avoir ma même largeur que la distance entre suspentes).
- Les griffes des suspentes doivent être placées le long des poutrelles béton, ce qui impose un seul schéma de pose (très contraignant).
- Pour réduire les ponts thermiques, l’idée est d’ouvrir les parpaings collés aux murs pour y insérer de l’isolant. Attention, pour les sections avec des fourrures (plafond suspendu), ne pas casser les entrevous qui devront maintenant les griffes des suspentes.
- Les fourrures et les rails ne font pas la même épaisseur, le réglage du plenum sera différent en fonction de la méthode pour avoir un plafond toujours à la même hauteur quelque soit la méthode de maintien de l’isolant.
- Le plafond brut n’est pas plat du tout (plusieurs centimètres de variance), j’ai acheté un niveau laser mega cheap pour faire plus facilement le nivelage des structures métal.
Basé sur les recommandations du DTU 25.41 (et ce guide), l’idée serait d’avoir une entraxe de 60cm et des suspentes tout le 60cm (seul autre choix avec la position des poutrelles, 120cm).
Pour mon poid d’isolant il faut des doubles montants sur la section autoportante (cf document technique). Il est possible de faire des montages pour reutiliser des chutes de rails (section “Mise en place des montants”)
Voici un plan approximatif (et pas à jour) de la structure.

Rénovation des poutres
Les poutres portaient encore les coffrages de la dalle béton ainsi que les coulures dudit béton. Il a fallu arracher les coffrages à la barre à mine, poncer les poutres à la brosse en métal (le chataigner était trop dur pour la ponceuse, le papier de verre brulait avant le bois …) et enfin les traiter.

Tout d’abord il fallait enlever les anciens coffrages, les clous et autres structures encore attachées aux poutres (vieux cables, etc).

Une fois le coffrage enlevé, il restait à poncer les coulures de béton et le bois attaqué.

Une fois poncées, ne restait qu’à les traiter au xylophène.

La pose
Isolation des ponts thermiques
Le plafond en dur étant composé d’une chape béton coulée sur des hourdis béton et poutres en béton armé, il est assez épais. Pour réduire les ponts thermiques, l’idée est de casser les hourdis qui forment le contour du plafond pour y insérer de l’isolant (les hourdis ne sont pas porteur).
Dans mon cas, il fallait faire bien attention à ne pas casser les hourdis sans réfléchir car ils étaient nécessaires pour coincer les griffes des suspentes des plafonds suspendus.
Quand j’étais perpendiculaire aux poutrelles béton, je cassais les hourdis un rang après le bord pour pour mettre une fourrure collée au mur.

Ensuite je remplissais complètement les hourdis cassés.

Quand j’étais parallèle aux poutrelles béton, je cassais environ un bout de hourdi sur 3 ou 4 et utilisais le trou pour glisser de l’isolant découpé comme il faut dans les trous de hourdis.

Les cornières
Au départ je pensais baser le niveau du faux plafond sur le plafond existant, mais celui-ci variait irrégullièrement de plusieurs centimètres en fonction de la forme des poutres et des murs. J’ai pris un laser 360* chinois à 30e pour au moins avoir un plafond bien plan et plat.
Le laser étant pas dingue, je vérifiais bien avec un niveau+règle de maçon que les lignes étaient bien de niveau.
D’abord pour les parties autopotantes, je montais les cornière de niveau en suivant la forme du bois. Vis 5*60 tous les 60cm environ. Pour les angles du bois, je coupais uniquement le bord de la cornière pour pouvoir plier la partie plate. Je rajoute une vis bonus à 10cm de tous les points de faiblesses (extrémités, angles …). J’essaie de positionner les vis de façon à ce qu’elles tombent à 10cm des rails.

Contreventement du soupirail
Une section du plafond descendait plus bas que le soupirail. J’ai donc rajouté un contreventement pour séparer l’isolant de la fenêtre.
Il s’agit d’un panneau d’OSB 3, préfixé à un bout de chevron en bois perpendiculaire, lui même vissé dans une poutre. En plus l’OSB est aussi chevillé dans le mur. Côté extérieur, il est recouvert d’un pare pluie HPV.

Pose de l’isolant sur les sections de plafond autoportant
Lorsque le faux plafond se trouvait entre deux poutres, j’ai monté des plafonds autoportants, les plus épais (la structure métallique fait 47mm d’épaisseur).
En premier je traçais le niveau d faux plafond à environ 25cm du plafond (20cm isolant + ~5cm de structure métallique).
Ensuite je refaissais les joints chaux/sable du mur en rajoutant des pierres dans les trous pour avoir une forme sans gros trous, pour éviter d’avoir de grands espaces pleins d’air au niveau de l’isolant, ce qui pourrait faire des ponts thermiques ou favoriser la condensation.
Enfin j’agrafais du pare pluie le long des murs, sur l’épaisseur du fond plafond. Une partie des murs étant enterrés, je voulais éviter de potentielles infiltrations.

Je commençais à poser l’isolant de chaque bord du mur, les découpes étant souvent plus compliquées à cet endroit (murs ni droits ni perpendiculaires aux poutres, arches présentes à certains endroits, etc)).
Je posais les rails au fur et à mesure, pour pouvoir glisser l’isolant plus facilement (aka poser deux rails, puis les 120cm d’isolant, et on recommence).
Au centre, pour plus de facilité, je me débrouillais pour finir sur un remplissage de 60cm seulement. Technique trouvée à la fin: je posais le dernier rail après l’isolant, pour faciliter la pose.

Pose de l’isolant sur les sections de plafond suspendu
Pour les sections de plafond n’ayant pas une poutre de chaque côté (extrémités de la pièce), j’ai monté un plafond suspendu plutôt qu’autoportant. Cela évitait d’avoir à fixer des cornières sur des murs en pierre très très très irréguliers.
Pour cela j’ai utilisé des griffes spéciales auxquelles j’attachais des suspentes. Comme la hauteur du plafond variait, chaque pose était sur mesure et basée sur le laser. Pour prendre en compte l’épaisseur de la fourrure, j’avais un bout de fourrure de 2cm que je mettais en bas de la suspente pour desuite m’assurer que j’aurais un plafond final au bon niveau.
Mes griffes étant espacées de 60cm et mes panneaux faisant 57-58 de large, j’ai été obligé de mettre deux bouts de panneaux bien découpés entre chaque fixation.
Je mettais les deux bouts ensemble, liés avec des sangles, pour qu’ils tiennent directement entre les suspentes.

Les fourrures étant plus fines de la rails du plafond suspendu, j’avais un peu de marge en la structure métallique et l’isolant. J’ai maintenu l’isolant avec du fil de fer, peut-être pour mettre autre chose un jour ? Je voulais que l’isolant colle bien au plafond pour éviter la condensation.

Voilà ce que cela donne à mi chemin.

Les tuyaux
Sur le fond de l’étable, des évacuations d’eau se situent dans le plafond suspendu. Pour éviter que des tuyaux portent trop de poids et pour faciliter la pose, j’ai utilisé un reste de laine de verre.